Babel VIII -brouillon théâtre-

Publié le par Chris

 

-         Que fais-tu ? Tu ferai mieux de dormir.

-         Je ne peux pas.

-         Pourquoi ?

-         est ce que j'ai dormi, pendant que les autres souffraient? Est ce que je dors en ce moment? Non, je ne peux pas.

-         Tu m’ennuie.

-         Demain, quand tu croira te réveiller, que diras-tu de cette journée? Que tu as essayé de rassembler quelques pierres, sans savoir vraiment ce que tu faisais?

-         Oui

-         Sans doute. Tu auras raison, sans doute. Mais dans tout cela qu'y aura-t-il de vrai?

-        

-         Tu ne sauras rien.
(l'autre s'éloigne)


(le premier, face au public, pour lui même)

-         Lui ne saura rien, ça ne l’intéresse pas, l’obscurité a aussi sa quiétude. A quoi bon la voir ? Elle est encore à moitié debout, et sa cime est rouge de nos souffrances. l'air est plein de nos cris. Mais on ne l'entends pas, on s'y est fait. Avec l'oubli…

 

(l’autre revenant)

-         Oublié quoi? Dis.

-         Toi, moi, nous ne savons pas quoi. Nous dormons. Moi aussi, un autre me regarde, en se disant "Il dort, il ne sait pas qu'il dort. Alors qu'il dort!"

-         Tu m’ennuie. Va dormir. Tes mots ne disent rien, et tes cris ne construisent rien. Tu es inutile.

J’aurai du resté aveugle.
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Publié dans Babel - brouillons-

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