Babel VII -brouillon théâtre
Brouillon babel 1
- je peux te dire quelque chose ?
- …
- dis…
- tu sais, ici, et surtout maintenant, un secret il faut le garder pour soi. C’est mieux, on n’embête que soi.
(silence)
- J’y croyai avant.
- Avant quoi ?
- Ca.
- Bah, moi aussi tu sais.
- Mais moi, plus que les autres, j’y étais architecte. J’avais monté les échelons de la profession, un par un, avec lenteur. On me disait même brillant, voir génial. Et puis, plus je montai, plus j’étais seul. Seul face à des questions trop grande pour moi. Mais j’étais déjà plus grand que les autres, face à des questions trop grande encore. Alors j’ai arrêté. J’ai cessé de regarder ces questions, elles me faisaient trop peur, ou mal, je ne sais plus. Et puis, en regardant, les édifices montant uns à uns, ces milliers d’hommes piétinant dans la poussière, je me suis dis que ce n’était pas possible, que ne pouvais être le seul à diriger tout ça. Alors…
- Alors quoi ? Dis-le moi maintenant !
- Tu ne le rediras pas ?
- Oui, j le jure.. ;euh non. Enfin…c’est d’accord.
- Alors j’ai repris mes chiffres et mes compas, j’ai recalculé tout les plans, ceux des autres et puis les miens, et je me suis dis qu’il devait y avoir quelque chose au dessus de moi, qui dirigeait tout cela à travers moi. Sinon ce n’était pas possible, plus possible, je ne sais plus. Alors j’ai appellé ça Dieu.
- Chut, tais-toi.
- Et j’ai dis qu’il dirigeait tou cela, que c’est lui qui voulait qu’on l’atteigne, le ciel. Pour moi c’était logique ça ‘a suffit. Pour les autres, c’était moi qui le disait, ça leur a suffit. Et puis, avec le temps j’y ai cru, à cette main invisible divine dirigeant tout. Je dormai tranquille désormais.