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Notes

" On est pas tous rendu là mais bon"

 ou bien encore

 " Ca a presque pas de bon sens cette histoire là"

  ou bien encore

" A cette époque, on pouvait avoir des dettes, mais il fallait les rembourser."

ou encore

" Alors le PQ prit le pouvoir au Québec." ( parti québecois )

Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 16:46


 

 

 

 

 

 

Les dieux parlent le soir à leurs sirènes.

Face à eux, par hasard je me révolte et crie

« Je serai le seul héros de son histoire ».

Je flotte et vogue dans un fleuve illuminé

pour respirer ton absence à tout mes détours,

Faire du sens à rebours de tes tours.

 

Mes yeux, mes grands yeux imbéciles,

qui font toutes choses plus vivantes,

brûlent sur le rythme de mes mains.

Elles battent et rebattent le réel et les astres,

Je trace des rides tristes dans l’eau du Rhône.

Je voudrai tant être à l’intérieur de toi.

 

Aux confluences de nos destins, j’immole

une lune rousse et la dépose à tes pied nacrés.

Voilà ton île et voilà ta scène. Que manque-t-il ?

Je fais un geste sucré ; voilà qu’il neige.

Mes sirènes et mes dieux forment ton public,

je veux te voir danser au rythme des temps sauvages.

 

Les yeux baissés la main tremblante,

tu es à coupé le souffle. Je pleure amer.

Tu souris. Jamais on ne sait de ton sourire,

s’il est pour toi ou pour les imbéciles.

C’est ton mystère à toi, ta grâce et tes cils.

J’ai cents mots-misères pour toi, et de la musique.

 

Je me demande comment te dire encore,

une dernière fois de trop, mauvais acteur,

« Je t’aime » sans te donner d’ordre de scène.

Oui, je m’humilie de souvenirs oniriques,

de mes instincts charnels, instants de ta chair.

Je ne suis que le masque vide des vieux songes,

 des déments mensonges de ma vie.

 

 

 

 

 

Par Chris - Publié dans : Poésia
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 16:31

 

 

         Il faisait beau. Les rayons du soleil virevoltaient entre les branches des arbres tels des papillons de l'automne. Les feuilles n'en finissaient pas de tomber dans un léger bruit qui rappelait celui d'une douce pluie d'été.

Il avait fallu reculer sa chaise, sentir le nouveau poids de son ventre d'une main bien blanche, et prend la résolution qu'un peu de marche ça ne ferait pas de mal. Dans un tremblement de manteaux et de chapeaux, les hommes sûrs de leurs situations, mais si peu à l'aise dans une station verticale après une après-midi de victuailles, étaient partis « faire le tour du parc ». Celles qui n'avaient encore épuisé à la discrétion de leurs maris leurs sacs de commérages étaient resté dans le prétexte bonhomme de débarrasser la table.

             On alluma, à quelques pas des marches de l'escalier de l'entrée principal, les cigarettes et les pipes. L'odeur

 

du tabac brûlé re-créa bientôt parmi ces compères le sentiment rassurant d'une communauté. « C'est de la contrebande vous savez. », « De toute façon de nos jours... » se tendaient les allumettes, en partant d'un pas de trapéziste ivre dans les grandes allées du parc.

 

           Il fallait fuir ce groupe de fantoches bourgeois. Le murmure sale de leurs conversations étaient depuis ce matin bien trop éprouvant. Je réussis donc à m'esquiver de la troupe par un chemin de traverse qui longeait un peu l'aile gauche du château avant de replonger vers les boisés quasi sauvage du parc. Le château s'habillait lentement de son manteau de rayons orangés des crépuscules. Les fenêtres que de vieux volets à l'italienne cachaient souriaient malicieusement de leurs reflets solaires. Les vieilles pierres elles-même n'étaient pas encore froide et ronronnaient dans le crissement de mes pas sur les feuilles mortes. Je desserrai les pans de mon manteau, tout me semblait en ces lieux familiers. La vieille demeure familiale, le chemin qui n'avait depuis mes 12 ans plus aucuns secrets, et qui pourtant s'amusait toujours de ces courbes mystérieuses, me promenait parmi des arbres bien connus. Je pouvais les reconnaître comme des grandes_oncles ou tantes de la famille. Ici le bosquet de bouleaux rêveurs, là le peuplier mélancolique, et ici les roseaux du petit pont artificiel.

            Au loin, des rires d'enfants résonnaient comme des promesses sylvestres de bonheur. L'innocence n'a qu'un temps, gémis-je en moi-même, et celle-ci disparaît aussitôt que jaillit le sens dans la vie des hommes. J'en étais à ces tristes réflexions, dans la force de l'âge, plein de puissance et d'amour à donner, car un air mélancolique tournait dans ces bois. Je ne pouvais, malgré moi, mais l'aurais-je voulu, rejoindre ni le groupe des adultes sentencieux et fumeurs, ni les enfants gais et joueurs. Je devais prendre mon chemin, le seul qui m'étais propre par mon passé, et je le devinais aussi, par mon futur déjà prévisible. Le temps de vivre un instant est bien court, et bien inutile est le souvenir que l'on a de cet instant, déjà à moitié rêvée et rongée par l'imagination.

Le chemin tournait pour s'engouffrer dans une allée médiane à la principale, clairsemée de petits bancs de pierre et d'hêtres centenaires. Les oiseaux n'osaient que de faibles tirades et aucun jeu de la nature ne se faisait sentir. C'est alors que je le vis.

 

           Le diable était posément assis sur un petit banc de pierre, deux hêtres lus loin sur ma droite. Il avait son pardessus du dimanche, élégant dans son noir de jais que couronnait un petit chapeau melon noir également. Il me sourit, d'un sourire effroyable auquel on ne peut rien, et m'invita à m'asseoir à ses côtés. Sa main gantée d'un blanc paresseux balaya cordialement les quelques feuilles mortes qui gênaient apparemment ma place de banc désigné. Peut-on refuser une offre du diable? Il aurait fallu passer son chemin, ne rien dire, ne pas sourire et rechercher avec effroi les rires d'enfants. Mais j'étais alors plein d'assurance en moi-même. De cette assurance débile que procure la nostalgie, celle qui vous fait croire que votre passé est jugé et vous appartient, et qu'ainsi devenu propriétaire de votre vécu vous pouvez affronter toutes choses.

           Je lui souris de retour, et m'assis à ses côtés. Nous restâmes assis ainsi quelques minutes sans rien dire, lui fumant et moi traçant des signes incongrus dans la poussière à l'aide d'une branche morte.

 

- Alors? Lâchais-je finalement. Quoi de neuf en enfer?

- Oh et bien, tu sais, la famille, le boulot, on ne s'ennuie pas. Ça fait tout un petit monde à gérer. Mais avec du temps et de l'habitude on s'en sort. Sa voix était pour l'instant amicale, pour l'instant.

            Sans deviner sa réponse ou bien confusément, je lui demandais pourquoi il était là, à me rendre visite.

- Mais c'est qu'on s'ennuie de toi en dessous tu sais?! Voilà un moment que tu n'as maudit personne. Les papes, rois et autres clients s'ennuient. Rien de grave, mais il me faut du neuf, sinon il seront un peu moins damnés que d'habitude. Tu sais, l'ennui, c'est la mort de mon petit commerce.

- Tu n'as pas quelques guerres, grèves ou épidémies sous la main. Ça chauffe au Liban parait-il. Ne viens pas m'embêter, moi je vais bien, je me suis posé.

           Et comme pour me désapprouver je me levais, à moitié pour m'échapper que pour prendre de la hauteur face à lui. Mais il se levait lui aussi, et m’emboîta le pas. Si bien que nous marchâmes côte à côte dans l'allée.

- Tu es heureux? En voilà une bonne blague. Reprit-il joyeusement. Tu ne peux pas être heureux. Cela est interdit aux gens de ta race, et tu le sais. Ne joues pas à cela, j'y vois clair dans ton jeu.

- Tu ne vois rien du tout, car tu n'es pas humain. Si je te dis que je suis heureux, c'est que je le suis. J'ai toutes les conditions matérielles pour l'être: la santé, le travail, les amis, l'amour. Répondais-je avec agacement.

- L'amour...Dit-il pensivement. Elle est jolie?

- N'y touche pas !

- C'est déjà fait!

Je m'arrêtais,soudain glacé d'effroi.

 

- Qu'as-tu fait? Murmurais-je en lui faisant face, moi qui faisait une demi-tête de plus que lui.

         Il fit lentement joué une canne richement ornée entre ses doigts, en me scrutant de son regard perçant.

 

- Que fera-tu si je te le dis ? Tu sais je n'ai pas eu grand chose à faire. C'est comme d'habitude ; la nature humaine est tellement large qu'il suffit que je pousse un peu par ici, un peu par là, et chaque hommes ou femmes tombent dans leurs abîmes. C'est un des vôtres qui m'a un jour craché cette phrase « L'homme est un abîme où l'on tombe dès qu'on le scrute ». Ton amie, tu sais, étaient comme toutes les autres femmes. Faites de quotidien, de joies, de peines, de petites tracasseries, des petites discussions. Une longue guirlande de petits riens dont vos grands Touts s'amusent et que vos artifices ne dissimulent que très mal. Il y a peu d'espace entre deux nuits dans le fond pour vous autres humains. L'amour est bien trop grand pour s'accoutumer de votre petitesse. Et alors quoi ? Vous êtes déçu, alors vous jouez le jeu du faux-amour, celui de la fidélité qui dure, qui dure, et coule d'année en année, du salon à la cuisine, de la cuisine au lit et du lit au salon. Ce sentiment je ne l'ai pas inventé, tu sais. Et il n'est pas à dénigrer tant que ça d'ailleurs. Certains s'y complaisent tranquillement, s'habitue tendrement, ont des enfants, des petits regrets et des petites vies. Moi, c'est juste d'un point de vue sentimental que ça m'emmerde ; tu vois, cette fidélité elle est pile-poil faite à votre grandeur, c'est pour ça que vous vous y sentez bien dedans. Mais ça manque de piquant et de transcendance. Remercie-moi ; tu n'as pas eu à jouer. D'ailleurs je te fais une confidence, je pense qu'elle n'a pas joué elle non plus, elle a été sincère jusqu'au bout, jusqu'au moment où dans son être toutes ses questions ont fait boum d'un coup.

 

- Tu es un vrai connard diable !

- Je prends ça comme un compliment.

- Disparais avant que je t'étripe !

- Hou qu'il est vilain le petit ! Il perd vite la froide raison notre amoureux !

- Dégage !

- D'accord, je te laisse. Tu sais où me trouver. Mais en attendant , je te prends ça, tu n'en n'auras plus besoin avant un moment.

 

          Et le disant, il se pencha vers moi, et d'un coup de poignet expert la lame aiguisée d'un couteau me découpa une fente dans la poitrine et me saisit le cœur. Saisi de douleur, je m'effondrai sur un autre banc de pierre proche. Le temps que je pose la main à ma poitrine la blessure s'était refermée sans tâche. Je demeurai hébété de surprise et de tristesse. Le diable s'engouffra ans l'allée pour disparaître dans un tourbillon de feuilles mortes et de rires sadiques en apportant son triste butin. Je restai là, grelottant de froid et pourtant immobile comme une pierre abandonnée. Une enfant courant auparavant dans le parc s'approcha lentement vers moi. Ses yeux d'enfants me regardaient avec une intelligence subite que seuls ont les enfants en face des chagrins adultes inconnus de leurs jeunes rêves.

 

- Qu'est-ce qu'il y a mon cousin ? Ca va pas ?

 

Je la pris dans mes bras en pleurant. Ce n'est rien, ne t'inquiète pas. J'ai juste un peu mal au cœur.

 

 

 

 

 

 

 

Par Chris - Publié dans : fictions d'essai
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 15:18

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Il existe de grands bois que l'on ne traverse pas.

De grands soleils que l'on n'ose pas. Pourquoi?

 

Dame de cœur sur valet de pique,

et l'on récite sur tout un hémisphère:

«carte blanche, c'est la victoire de l'abstention ».

 

(Au cri des manticores, beuglent les métaphores)

Abstention du cœur, rire du malheur, râle du bonheur.

 

 

Peut-on être sincère sans être amer? Dis-moi.

Où de l'amour propre cède à l'amour proche?

 

Vois le monde qui se confie avec sa folie,

tu penses qu'elle reviendra? funambule mélancolique.

« Moi je ne pense pas, moi je ne pense pas ».

 

(Les astres se rient des damnés des enfers)

Ne pense pas, triomphe fatal, douleur animale.

 

 

C'est la mer qui crie sa joie pour couvrir ma voix

Pourquoi les mots ne sont pas à moi?

 

Sur terre et dans ma guerre, tu me manques.

Les étoiles et les dieux tombent sans fracas,

sans musiques, car tu n'es plus là.

 

(Boîte à musique brisée par un coup de dés)

Tu n'es plus là, solution cynique, triste solitude.

Par Chris - Publié dans : Le livre des Satyres
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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 09:28

 

           Dans un bistrot lyonnais, "l'Impromptu" il me semble, anciennement "la fourmi rouge". Il y a là-bas des heures qu'on courtise lorsqu'on les connaît un peu. Le 18-20h offre sa bière rousse un peu moins cher. Il faut saluer Patrick le patron. Et sa serveuse, toujours gentille, puis s'enfoncer au fond de la pièce, traverser la cuisine, et le petit salon mignon. On descend au niveau des caves, pour trouver, sous de vieilles voutes, un billard, deux-trois chaises et quelques tables. On peut fumer si on demande. Le lundi c'est pratique, y a pas un chat. Et comme on est loin du bar, à tout prendre, on a vite mieux fait de boire au pichet.

           Il y a là deux hommes qui jouent, aussi maladroitement que diagonalement, au billard. Ca fait un bout de temps qu'il ne s'était pas vu. c'est l'émotion qui les as conduit là. Mais l'émotion entre copains, ca se traduit en " Allé viens, on va s'en boire un !" Pourquoi pas dans le fond. Le premier part en explorateur, le deuxième en renfort, le troisième pour vérifier si les renforts sont bien arrivés, et le quatrième au cas où il y a des problèmes de communication entre les trois premiers. Le temps de tout ça, on a fini les cacahouettes, et avec elles les nouvelles et les petites discussions quotidiennes.

 

          - T'en as raté des belles cette année, mon vieux !

         - Du genre?

         - Oh ba, un encerclement de la place Bellecour par les CRS, du lacrymo partout, des étudiants tabassés... Tout le bazar d'avant en pire.

        - Ouai, j'en ai entendu parlé. Vaguement, je vais dire. Je crois bien qu'il y a eu une asso qui s'est monté pour commémorer tout ca.

         - Ah ba, je vais aller commémorer alors.

        - T'y étais ?

          - Ouais, au café en face du pont. Je vais aller faire pareil du coup.

 

        Le grand maigre rigole. Son ami aussi. C'est ce genre de plaisanterie qu'ils affectionnent tout les deux. Ils se savent passionnés de politique et d'engagement. Mais ils se savent aussi alcooliques. A un bon paquet de réunions militantes, ils entrainaient tout les étudiants trops sérieux à aller continuer leurs argumentation au bar. On ne parle jamais mieux de Marx qu'au bar. C'était un peu leur philosophie. Non pas qu'ils étaient cyniques ou désabusés, mais pour eux la révolution devait prendre des allures de fêtes sinon elle ne valait pas le coup. Et puis, avec leurs cours de philo et de science po, on voit qu'en théorie seule la pratique compte. Et lever un verre ça semble être déjà plus un acte qu'une parole.

 

       - Mouais, donc pas vraiment du neuf alors. Du vieux en un peu plus violent. Et au final tout est rentré dans l'ordre et le droit chemin, non?

       - Tu me fais rire. Tu croyais quoi? On t'aurai attendu quand même, pour faire la révolution en France !

 

      - C'est gentil! Mais tu vois là, après avoir retourné le problème dans tout les sens. Le seul problème d'ailleurs, dans le fond. Je me demande bien comment changer tout ça de façon radical. Et va pas me sortir les vieilles-méthodes-plus-adaptées-a-notre-époques, si elles existent encore c'est à nous d'en faire quelque chose. On va pas faire nos théoriciens pourris, et les ignorer en les traîtant de "populiste".

       - "C'est une bonne question, je vous remercie de l'avoir posé."

      - Pas d'idées ?

      - Tu me fais encore rire là. Tu sais, quand j'étais en face du pont où les étudiants se sont fait bloqués, je pensais : "Soit ils sortent tous des haches et des battes de baseball et foncent sur les flics, soit les flics sortent les fusils et tirent dans le tas". C'est la seule façon d'avoir une belle image pour les médias, ou de créer un basculement dans le rapport des forces qui seraient significatif. Je passe de côté l'aspect symbolique. Et là, je me disais: " Ils ne franchiront le pas ni l'un, ni l'autre". Et pourquoi? Parce qu'il y a trop de petite-bourgeoisie dans les deux camps. Si les flics tiraient sur les manifestants, ce serait trop clair tout d'un coup. On ne pourrait plus traiter les manifestants de "casseurs" etc... Et les flics perdraient leur soutien de petits-bourgeois, qui est leur seul lien avec la majorité. Et pareil du côté étudiant. Il y aurait là, et pour faire savant, casus belli et ça ferait flipper tout le monde.

     - ...

     - Si tu ne sors pas de chez toi pour abattre trois CRS dans une manif', c'est que tu ne le veux pas. Et si tu ne le veux pas, c'est parce que tu es un petit-bourgeois qui croit encore au lien entre le pauvre et grand peuple et la haute bourgeoisie et intelligentsia. Après je te laisse trouver les causes et raisons de cette nature de petit-bourgeois.

     - Et tu me proposes quoi? Après un diagnostic pareil !

     - Je te propose...et bien pas grand chose. Tu vois, je suis resté un pauvre con de théoricien. A part peut-être une trahison à la petite-bourgeoisie. Du genre, être un petit-bourgeois de nature, le savoir , et montrer tout les vices de cette nature, pour de fait être un traitre à cette nature, en reniant sciemment tout les principes de celles-ci. L'Art et la Politique. Par exemple.

     - Pfiouu... Comme tu es sérieux.

    - Oui ! Mais le pichet est maintenant aussi vide que moi. Remplis, mon ami, remplis.

    

Par Chris - Publié dans : fictions d'essai
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 16:02

 

 

 

Nous savons tout, et nous ne comprenons rien, il y a des nuits où l’on ne dort rien, une petite mélodie, un trois temps. « J’ai mangé du tambour et bu de la cymbale » disent les initiés aux mystères d’Eleusis. J’ai fabriqué avec de l’argile des larmes et quelques goûtes d’amertume. Pourquoi ? Pour dire, pour combattre et pour rire des deux monstres de l’homme, l’accordéon n’y fait rien, je nomme et j’appelle l’absurdité et le non-sens. C’est bien là un étrange combat, aussi étrange que le fait de le dire. Bigre, j’ai perdu confiance en mes mots, à trop me nommer faiseur de mots, bricoleux, fabricant de mots, je cisèle des phrases, à mes fins. Pas un compliment, mais c’est un unique regret, certains ne reviennent pas, moi je reste, dans ma tête, solide et fragile, faible et fort. Tu joues ! Tu jongles avec les mots ! Tu mystifies, tu illusionnes, tu bricoles des pantins d’ombres et des arlequins de soleil et d’ambre, pour je ne sais quel plaisir. Shakespeare, je te convoque, traverses nos siècles d’écart, et prends ton crâne d’Ossian et sors-en de tes vers; je suis initié aux mystères d’Eleusis, j’ai fait le sacrifice de ma conscience, j’ai brûler mon sens du profane pour quelques oiseaux de couleurs et oui, je te convoque, dis-moi comment prendre ce reproche de femme : faiseur de mots ? Dois-je m’interdire de danser avec elles ? Non, je n’ai que de la chair à offrir, et elles aussi, non ? Et mes envies alors ? Sans être, ou être, corrompu, j’aurai pu, quoi ? devenir quelqu’un de bien ? se courber, faire plaisir, saluer ses maîtresses d’un jappement, d’une hémistiche. Devenir moi-même polichinelle de situation et de papiers griffonnés, d’alcool, et de convenu, saluer, et devenir quelqu’un de bien, ou rien. Non, mon vieux Shakespeare, je ne suis pas fou, ni mort, je n’ai rien fait encore. C’est bien là mon seul regret que je peux me faire à moi-même, je suis acteur et j’aime mes premiers rôles féminins.

 

Ai-je encore des voyages dans mes poches ? Combien de billets d’avion me reste-t-il ? Je gagnerai de l’argent, je m’en moque. Plus une machine est chère, mieux on paye ceux qui la manie. Ma cervelle va prendre de la valeur, j’en suis sûre. Je me travaille, en artiste, en ouvrier. Huit heures par jour, mon régime, mon chagrin, ma prison. Que je me forme, moi, et moi-même tout seul. J’accroche ces huit heures à mon porte-souci à côté de mes vestes. Mes belles vestes de pédéraste, car oui, il y a une fente dans le dos où je vous montre mon cul. Sur une tribune, c’est mieux. Se sociabiliser, c’est se prostituer non ? Je rêve de grands bois que je pourrai frapper. Un seul jeune et libre coup. Je veux renverse l’échiquier du réel, tout les troncs s’écartent, la forêt lève son rideau de décor. Salut vous. Salut à toi mon lecteur. Tu n’a rien à faire ? Allez casse-toi. Faut pas avaler des mots qui ne servent à rien. Je ne les ai pas dépecer, ni apprêtés, tu vas t’étouffer et pousser ton bas ventre comme repus d’une mauvaise plâtrée de merde étudiante. De la mutation. J’achète de l’or et du plomb, ça reste impur, mais ça se boit. Je plonge dans la baignoire ma bouteille souillée. De la métamorphose, et qu’on se taise. Ou qu’on parle pour ne rien dire. Mais pas de sens, pas de sens, surtout pas de charité. La charité c’est de la pitié animale qui s’auto-analyse. Du coup, il faut arrêter de lire. Divertissez-vous d’autres choses que moi, moi je n’arrive déjà pas à me divertir de moi-même, faisons-nous passer le relais de l’Ennui, ou alors dansons, ou alors parlons. Non, ça ne m’intéressait pas. Elle m’intéressais elle. Elle est déjà rejoint mes dieux, mes terres, et mes étoiles. Et ça m’échappe, ça dresse ma mémoire dans une offense éjaculatoire, mais ça reste impuissant. On est pas viril, avec ces souvenirs. Quand on a rien, il reste les cauchemars, et ces putains de souvenirs. C’est ça le drame, un homme seul, ce n’est pas un homme, c’est des organes qui se baladent et qui vomissent leurs échecs le longs des quais. Je porte un écriteau dans mon dos : « échec ». Qu’est ce que je vais faire ? Et vous ? Qu’allez-vous faire ? Je vais traquer le sourire. Chasser la joie, m’en faire un manteau sanglant, où je pourrai cacher mon drame. J’espère que ça puera, je pourrai être fier alors. Après, je m’arrangerai chez moi : un cœur, un manteau de joie, de la fierté, des alcools forts d’oublis et une grosse dose de temps et de silence. Tout ça dans la marmite de ma connerie, ce sera le médicament. Fils de pharmacopée, j’enmerde l’éthique, je ne veux pas guérir, je veux juste l’oublier.

 

 

 

 

 

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Par Chris - Publié dans : Objectivité narcissique
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 17:54

 

«  Le désir d’ordre est le prétexte vertueux

 par lequel la haine de l’homme

 pour l’homme justifie ses sévices. »

 

 

            Pourquoi réfléchir sur le politique? Sur cette science à la fois ancienne et très récente, de Sun Tzé à Rawls en passant par Machiavel, qui cristallise en son sein de nombreux paradoxes philosophique comme celui de la théorie indispensable vis-à-vis à la pratique obligatoire.

            Mais pourquoi en parler, moi, maintenant et ici? La politique tient une part importante de ma vie, et son importance me la rend difficile à définir. Est-ce les manifestations lyonnaises pour des réformes? Est-ce ce coup de tazer aux milieux des anarchistes communistes devant l’Université? Est-ce des tracts? Est-ce des votes aux élections? Est-ce des AG, des discussions à n’en plus finir dans les soirs des bars? Est-ce la Touka? Est-ce ce journal contestataire, cette radio, ces engagements associatifs? Mon rôle de délégué des étudiants en philosophie?

            La théorie politique est pour ma part exagérément séparé de sa pratique. Pourtant elles ne devraient faire qu’une, c’est une profonde intuition que j’ai sur la cohérence de la parole et des actes. Mon cours sur les philosophies du politique m’a permis d’y voir plus clair sur la théorie. Nous ne nous intéresserons donc dans ce présent article qu’à celle-ci.

            Plusieurs pensées politiques : l’utilitarisme, le libéralisme, le libertarisme, le marxisme, le communautarisme, et le féminisme. Partant toutes d’une origine philosophique, puis se développant dans un cadre politique, puis manœuvrant sa pratique selon le contexte et l’époque. Souvent un énorme gouffre sépare la théorie de la pratique. Aucune théorie, aussi admirable soit-elle, n’est pas offerte à la possibilité d’une déviance, dans la pratique, qui la transforme en régime autoritaire ou dictatoriale. Pourtant une pensée politique doit nécessairement avoir un ancrage dans ces deux domaines. Toutefois, je me prête à accorder plus de crédit aux pensées politiques matérialistes, c'est-à-dire trouvant leurs fondements, dans une philosophie certes, mais une philosophie née en réaction avec un ou des problèmes de leurs temps. Le marxisme, le féminisme ou le communautarisme sont de ceux là. Ces pensées politiques sont dites contextuelles, elles semblent ainsi plus fragile, et toujours elles semblent se méfier du pouvoir en place, et in extenso du pouvoir lui-même. Cette crainte du Léviathan, dû souvent à un mauvais rêve de métamorphose du Léviathan en Béhémot – Lénine devenant Staline- me semble salutaire, car elle éloigne ces pensées d’un dogmatisme autoritaire dans la pratique autant que dans la théorie. Néanmoins, cette volonté d’avoir un pouvoir faible ne conduit-il pas, dans une relation quasi physique digne des meilleures théories organicistes politiques, à la réaction inverse d’un pouvoir autoritaire. Pouvoir autoritaire dont il faut se défier car, sans entrer dans un débat sur ces vertus économique ou de cohésion sociale et nationale, il se construit sur ces entraves à la liberté humaine. Qu’importe si je meurs de faim, je veux pouvoir choisir où et comment je mourrais, sans qu’un pouvoir me l’ordonne.

            Nous voyons arriver ainsi les vieux haillons de la dichotomie entre liberté et égalité. Ces deux hydres toujours se combattant, et jamais ne se réconciliant. Une saine politique serait celle qui les fait marcher d’égal à égale. Bref, chaque pensée politique peut se penser selon cette dichotomie. Laquelle donne plus de liberté à l’individu, laquelle autre pense davantage à l’égalité de ses membres. Cette dichotomie s’accompagne généralement, en tout cas depuis Descartes et la naissance de l’individu libre de sa détermination, de l’opposition entre individu et société. Qui se recoupe ensuite dans le choc des titans entre Nature et Culture. L’individu est-il par sa nature obligé de vivre en société? Son égalité avec les autres membres de la société est-elle naturelle ou culturelle? Tout débat politique se joue dans l’arène de ses affrontements. Nous n’en sortirons pas de si tôt, car ces oppositions font parti du langage de la Raison. Et le Raison semble être l’unique porte d’entrée du politique. Cela peut et doit se remettre en question (pourquoi la rationalité devrait être le seul langage de la politique? Voila un des questionnements de Babel), mais nous n’aurons pas le loisir de le faire ici.

            Revenons à nos bêlants et stupides moutons blancs. L’utilitarisme (Benjamin Benter 1868) n’est intéressant que pour son critère de maximisation du bonheur. En réalité, le plus bel avatar d’une Raison aveugle sur elle-même, qui ne devrait humainement s’appliquer que pour tout ce qui n’est pas humain. C'est-à-dire l’homme seul avec lui-même, l’homme face aux animaux et végétaux ou face à des abstractions logiques comme les grands nombres. Cet avatar tente un regard désanthropomorphique de l’homme sur son monde, mais sa condition même d’être humain ne l’empêche-t-il pas de se défaire de son regard anthropomorphique, son regard humain? Merleau-Ponty et Levinas seraient à consulter là-dessus. L’utilitarisme refuse toute valeur en soi pour ne reposer que sur le rationnel et sa partie logique de quantification. En cela l’utilitarisme est un fils moderne du nihilisme (pas de valeurs déontologiques en soi) et du relativisme, où c’est à chacun de juger mais à juger seul, donc une absence de responsabilité en collectivité car tous les jugements se valent. Il est intéressant pour cela et pour le fait que cette pensée est devenue la politique officieuse de toute administration, car toute administration a une tendance certaine à devenir une bureaucratie, c'est-à-dire la moins humaine des régimes politiques, où tout ce qui est humain est petit à petit épuré. Il peut être intéressant de noter que nos démocraties modernes ressemblent à un théâtre où virevoltent quelques acteurs qui nous apparaissent très humains mais qui nous cachent une bureaucratie de plus en plus froide et solide.

 

 

Par Chris - Publié dans : fictions d'essai
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 05:04

 

Les coeurs volés 

 

 

            Il était une fois des hommes heureux même dans leurs sommeils qui rêvaient à l'ombre des grands arbres.

 

            Un jour alors qu'ils dormaient tranquillement un dieu farceur, sous la forme d'une chimère moitié singe moitié oiseau, s'approcha d'eux. Il voulait leur dérobé leur cœur, morceau le plus tendre chez l’homme, pour s'en repaître plus tard. Il les leur arrachât en faisant un large trou sanguilonent dans leur poitrine palpitante d’hommes endormis. Il fit cela avec tant d’adresse qu’il put en mettre plusieurs dans son grand sac avant que l’un des hommes ne se réveilla. Paniqués, puis en colère, ils voulurent rattraper le voleur. Ils s'armèrent d'arc et tirèrent sur le singe ailé. Celui-ci, malgré son adresse, fut touché par une flèche en plein cœur et tomba, le sac sur son dos. Mais au comble de la malchance, l’oiseau-singe tomba dans un grand trou au sol et disparut complètement.

            Mais une fois dans ce trou, s'agrippant aux pierres et aux profondes racines, les hommes ne distinguent plus grand chose et plus ils s'enfoncent, plus l'obscurité les envahit. Se sentant alors perdus, ils se cognent contre les parois, ils paniquent et tente de remonter. Certains ne remontent pas, d'autres ne veulent plus redescendre. Car le trou est profond, et se transforme ensuite en caverne, en dédale et grotte, où les rayons de lumière et l'air se perdent. Parfois l'on croit entendre des rats gratter la terre ou encore d'étranges murmures. Mais il en existe encore d'autres qui s'arment de torches, lumières et lucarnes, et s'enfoncent pour combattre les ténèbres, mais à ce jour on n’a pas encore retrouvé le sac de cœurs volés. Bien des trésors furent découverts, et bien des hommes se perdirent, mais le corps du dieu-oiseau semblait s'être métamorphosé en poussière et en silence.

 

            Le jour où mon histoire commence, trois hommes arrivèrent dans cet étrange pays où les hommes avaient perdu leurs cœurs. Ces trois voyageurs étaient frères et exploraient librement le monde. Les hommes effrayèrent d'abord les trois frères tant était terrifiante la vision de ces hommes avec une énorme entaille à la poitrine où toujours coulait d'un filet de sang. Mais ces hommes ne mourraient pas, ils continuaient de vivre sans voir la vie autour d'eux. Ils ne furent pas agressifs avec les trois étrangers, à peine surpris, ils les accueillirent convenablement et leur contèrent leur malheur. Après  avoir entendu ce sanglant récit, les trois frères voulurent voir ce trou. Arrivé devant ce puits d'obscurité, le premier frère, qui était l'ainé, décida d'aider ces hommes.

            Pourquoi le décida-t-il? Pourquoi se lança-t-il devant ce tel défi? Peut-être était-il arrogant et fier, et peut-être voulait-il leur prouver à ses frères sa valeur. Peut-être avait-il été longtemps humilié par eux, et il voulait trouver grâce à leurs yeux. Ou encore peut-être les aimait-il tendrement, et voulait-il les divertir, tant ils semblaient las de toujours voyager. Toujours était-il qu'il était un homme obstiné.

             Après avoir longtemps réfléchi, il dit aux hommes rassemblés autour de lui : « Lorsque vous vous enfoncez dans cette crevasse, vous prenez peur car une fois arrivés trop profondément dans le sol, l'ouverture se fait de plus en plus mince et la lumière de pus en plus faible. Il faut alors agrandir l'ouverture, pour laisser se diffuser plus largement la lumière et ainsi arriver au fond du trou et ramener votre sac de cœurs volés. » Et il se mit à l’ouvrage.

            Mais son action demeura vaine. Durant de longues et tristes années l'ainé des trois frères s’employa à élargir le trou. C'était un immense chantier où les hommes pelletaient de toute leur énergie pour agrandir le trou. Mais la terre qu'ils enlevaient formait un tas un peu plus loin, qu'un autre homme devait pelleter à son tour pour pouvoir élargir à son tour le trou. Et ainsi de suite. Si bien que tous ses hommes au travail n'élargissaient que très lentement l'ouverture car la terre enlevée était toujours re-déplacée par un autre qui annulait ainsi le travail d'un troisième homme.

            Au bout de nombreuses années d'efforts inutiles, plein de désespoir, de fatigue et de honte, l'ainé des trois frères se jeta dans le trou pour se donner la mort. Toutes les recherches des hommes les plus courageux qui descendirent dans le gouffre ne donnèrent rien. Son corps demeura introuvable.

           

            Le deuxième frère aimait beaucoup son ainé. Mais sans jamais le lui dire, car il était jaloux de sa prestance et de son courage, ou bien peut-être était-il secrètement en désaccord avec lui mais il ne voulait pas lui faire de tord. Il devient fou de tristesse en apprenant la mort de son frère. Il prit en haine ce trou et ce pays maudit qui lui avait prit pour toujours son frère.

            Il décida de reboucher ce trou. Toute la terre déplacée par le premier frère fut alors rejetée dans le gouffre. Le troisième frère tentât en vain de le raisonner, mais ne l'écouta pas, tout occupé qu'il était à son ouvrage. Les hommes sans cœurs n'osèrent intervenir tant la folie du deuxième frère semblait grande. Mais une fois que toute la terre déplacée fut remise en place, et le trou restait toujours béant et noir. Le frère prit de la terre ailleurs pour la jeter dans le trou. Autour de lui se formaient de nouveaux trous tels de nouvelles tombes.  Rien n'y fit. Il demeurait toujours autant rempli de son vide.

            Alors au combe de la folie, après avoir passé des jours et des nuits à travailler en vain, il cria aux hommes sans cœurs qui l'observaient : «  Je vais chercher mon frère au fond de ce trou et si je le peux, je vous ramène votre voleur et son butin ». Cela dit, il se creva les yeux pour ne pas avoir peur de l'obscurité du gouffre. Et encore saignant et hurlant, il descendit et on ne le revit jamais.

 

            Le troisième frère pleura longtemps ses deux frères qui avaient sombré dans la folie à cause de ce trou. Il se demanda s'il ne ferait pas mieux, au lieu de continuer à vivre sans ses frères, de se jeter comme son ainé dans le trou ou de se crever aussi les yeux comme son cadet.

            Mais une étrange pensée lui vint à travers ses sombres projets. Il dit aux hommes sans cœurs : « Si mon ainé n'a pu découvrir le fond de ce trou et si mon cadet ne pu le refermer avec toute la terre qu'il prit dans votre pays, il faut que ce trou ressorte quelque part. Et peut-être que si nous n'avons pas retrouvé le corps du dieu-oiseau c'est qu'il n'est plus dans ce trou. Que nous l'avons cru mort, mais qu'il n'était que blessé. Et qu'il est sorti il y a maintenant longtemps par une autre issue. »

            Les hommes sans cœurs devant de tels propos étaient perplexes. Ils se demandèrent si le benjamin des trois frères n'était pas encore plus fou que les autres. Mais maintenant, riant dans ses larmes, il dit aux hommes sans cœurs, en les prenant par les mains : « Maintenant que mes deux frères sont morts, nous ne devons plus vainement explorer ce trou dont l'obscurité nous effraie, mais parcourir le monde pour trouver l'autre issue du noir tunnel qu'il forme. Et armons-nous de nos arcs et de nos flèches, peut-être verrons-nous un jour le dieu-oiseau dans le ciel avec votre sac de cœurs. Il ne faudra alors pas hésiter. »

 

            Certains le crurent et partirent avec lui explorer le vaste monde avec ce double nouvel espoir. Désormais ils allaient dans les profondeurs de toutes les grottes qu'ils découvraient. Mais ils  scrutaient aussi toujours le ciel, au cas où ils apercevraient le dieu-oiseau. Ils partirent explorer le monde, demandant à tous les hommes qu'ils croisèrent s'ils connaissaient un puits sans fin et un dieu-oiseau qui dérobait le cœur des hommes.

            D'autres ne le crurent pas et restèrent près du trou. La légende dit qu'ils ne retrouvèrent jamais le dieu-oiseau, mais qu'un jour un homme sans cœur entendit des cris sortir du trou. Ils s'approchèrent prudemment car personne n'était descendu ce jour là. C'était le deuxième frère qui remontait le cadavre du premier frère sur ses épaules. Il pleurait et riait sans cesse. Et la folie avait envahit son esprit de telle sorte que les hommes sans cœurs ne purent savoir la moindre information de son périple. Mais ce ne sont que des fragments que le temps a longtemps rongés en silence.

 

            Ce que ne semble pas dire la légende, c'est que les hommes partis voyager avec le troisième homme ne revinrent jamais et nul ne sait où s'arrêta leur périple.

 

 

 

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