Les idées vertes sans couleurs dorment furieusement
Les idées vertes sans couleurs dorment furieusement.
Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges !
Les vertes idées sans couleurs dorment furieusement.
Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges !
Furieusement les idées vertes sans couleurs dorment.
Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges !
Les idées vertes dorment sans couleurs furieusement.
Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges !
Je suis un livre qui s'écrit. Mais force est de constater que je ne sais ni parler, ni écrire. D'ailleurs a-t-jamais vu un livre s'écrire? Les idées vertes sans couleurs dorment furieusement. Je note des mots dans mes marges, ces phrases qui s'évadent de ma tête. Verlaine n'avait pas si tord Qui ne disent rien, qui me disent tout, c'est pareil. Tu es verte comme la Pologne. Ce livre est un sacré bazar, rien ne s'accroche, ni se tient, tout se parle et s'interroge. Ou en sommes-nous, Ryle, dans le nativisme? Certes, j'avoue l'erreur première, a été de ne pas apprendre, la différence profonde, entre les mots qui rêve et les mots qui pense. Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges ! Puis, à aimer la métrique du souffle sans rechercher la rigueur alexandrine. Voilà ma faute léonine, ma part du lion. Derrière le « Je veux » naïf et tendre combien de rires de Nietzsche se cachent? Et je bois du café froid, et je frissonne sous mon vieux pull. Je vis de mes mots, comme d'autres vivent de sourire. C'est de l'innutrition. L'enfant brûlé aura-t-il peur du feu ou commence-t-il juste à aimer les incendies? C'est un ballet de livres ouverts, entre-ouverts, repoussés de la main, et repris, ou fermé et empilé. Ma table de travail est mon royaume -conquis pour la journée- dans mon exil. Rastignac crie « A nous deux, Paris! »
Les idées vertes sans couleurs dorment furieusement.
Ah que je me plais à faire connaître un nombre utile aux Anges !