L'Europe II
"et voici que la poésie se meurt asséchée, et que dans le ciel de ce pauvre pays sans langage, les étoiles disparaissent "
Victor Hugo relit la ligne qu'il venait d'écrire dans ses Choses Vues, fronça des sourcils, puis de rage rattura avec violence cette ligne de sa plume de geais noir. Non, non et non, ce n'est pas ça, pesta cet homme enveloppé dans sa vieille chemise blanche, fatiguée des événements de la journée. Le roi de France, Louis-Philippe avait reçu les hauts ambassadeurs de la Prusse et du royaume de Sa Majesté; l'Angleterre. L'atmosphère avait été tendu, les soldats, ce soir, ne somnollaient pas à leur poste. Victor Hugo y avait assisté en tant que membre officiel de la chambre des Pairs, comme tout les hauts fonctionnaires de la royauté mourrante.
Il marmonna dans sa barbe; Pourquoi diable, ont-ils autant si peu confiance en leur humanité? Aucun ne peuvent la guerre contre tous, mais personne ne veut la paix de tous. A croire que la paix est un monstre trop gros pour ces armées d'épées! Que faire? Bon dieu! Que faire? Victor Hugo s'appuya au rebord de la fenêtre, regardant la nuit noire s'épanchant dans sa rue que n'éclairait que quelque slampadaires. Des hauts de formes passaient, pressés, de la lumière accusatrice de ces lampadaires à l'obscurité troublante, avant de revenir sous les feux du lampadaire suivant, et ainsi de suite.
Une fois la cérémonie s'étant déroulée comme prévue et selon l'étiquette royale au Palais Bourbon, les ambassadeurs avaient délivrés les messages de leurs souverains. Victor Hugo se rappellait encore le frisson indigné qui avait parcouru les épaules de son ami Le Blanc, lorsque l'ambassadeur prussien avait rappellé le dernier conflit entre le royaume de France et de l'Autriche devant le roi, avec morgue et venin. A l'évidence les relations s'étaient de nouveau tendu par le simple caprice des souverains, tous cousins. Victor Hugo pensa "Bien qu'il soit inutile d'espérer des relations d'amitiés entre les Etats, même leur relation familiale d'incestes et de mariages douteux ne les rapprochent pas, des relations d'intérets sont indispensables. Si on tient leur porte-monnaie ils seront moins belliqueux, enfin, espérons-le.
Une calèche passa rapidement dans la rue en dessous, faisant trembler les pavés un instant. L'idée d'une unité est trop grosse pour les hommes, ils en ont peur car ils ne la comprennent pas, ou alors ne l'apercoivent même pas, comme une souris ne voyant l'éléphant. S'ils ne l'apercoivent pas, toute discussion à ce sujet finit par des petits intérets mesquins nationaux. Et si ils en ont peur, nous aurons droit à une montée des nationalistes frénétiques, pensa-t-il. Victor Hugo se massa les temps, et retourna à son écritoire. Il écrivait debout, et la chaise était retiré au fond de la bibliothèque. Après quelques hésitations il reprit la plume et traça ces quelques mots:
" Dommage, dommage, ça sonne pourtant diablement bien ; les Etats Unis d'Europe."
Il re-ratura.
Victor Hugo relit la ligne qu'il venait d'écrire dans ses Choses Vues, fronça des sourcils, puis de rage rattura avec violence cette ligne de sa plume de geais noir. Non, non et non, ce n'est pas ça, pesta cet homme enveloppé dans sa vieille chemise blanche, fatiguée des événements de la journée. Le roi de France, Louis-Philippe avait reçu les hauts ambassadeurs de la Prusse et du royaume de Sa Majesté; l'Angleterre. L'atmosphère avait été tendu, les soldats, ce soir, ne somnollaient pas à leur poste. Victor Hugo y avait assisté en tant que membre officiel de la chambre des Pairs, comme tout les hauts fonctionnaires de la royauté mourrante.
Il marmonna dans sa barbe; Pourquoi diable, ont-ils autant si peu confiance en leur humanité? Aucun ne peuvent la guerre contre tous, mais personne ne veut la paix de tous. A croire que la paix est un monstre trop gros pour ces armées d'épées! Que faire? Bon dieu! Que faire? Victor Hugo s'appuya au rebord de la fenêtre, regardant la nuit noire s'épanchant dans sa rue que n'éclairait que quelque slampadaires. Des hauts de formes passaient, pressés, de la lumière accusatrice de ces lampadaires à l'obscurité troublante, avant de revenir sous les feux du lampadaire suivant, et ainsi de suite.
Une fois la cérémonie s'étant déroulée comme prévue et selon l'étiquette royale au Palais Bourbon, les ambassadeurs avaient délivrés les messages de leurs souverains. Victor Hugo se rappellait encore le frisson indigné qui avait parcouru les épaules de son ami Le Blanc, lorsque l'ambassadeur prussien avait rappellé le dernier conflit entre le royaume de France et de l'Autriche devant le roi, avec morgue et venin. A l'évidence les relations s'étaient de nouveau tendu par le simple caprice des souverains, tous cousins. Victor Hugo pensa "Bien qu'il soit inutile d'espérer des relations d'amitiés entre les Etats, même leur relation familiale d'incestes et de mariages douteux ne les rapprochent pas, des relations d'intérets sont indispensables. Si on tient leur porte-monnaie ils seront moins belliqueux, enfin, espérons-le.
Une calèche passa rapidement dans la rue en dessous, faisant trembler les pavés un instant. L'idée d'une unité est trop grosse pour les hommes, ils en ont peur car ils ne la comprennent pas, ou alors ne l'apercoivent même pas, comme une souris ne voyant l'éléphant. S'ils ne l'apercoivent pas, toute discussion à ce sujet finit par des petits intérets mesquins nationaux. Et si ils en ont peur, nous aurons droit à une montée des nationalistes frénétiques, pensa-t-il. Victor Hugo se massa les temps, et retourna à son écritoire. Il écrivait debout, et la chaise était retiré au fond de la bibliothèque. Après quelques hésitations il reprit la plume et traça ces quelques mots:
" Dommage, dommage, ça sonne pourtant diablement bien ; les Etats Unis d'Europe."
Il re-ratura.
Publicité