L'Europe
Charles essuya sa lame teintée de sang sur les dépouilles d'un cadavre à ses pieds. Autour de lui, d nombreux guerriers firent de même, donnant libre cours enfin à l'immense fatigue qui les gagnaient tous. La longue plaine de Pannonie était jonché de cadavres des Avars et des Francs de Charles. Déjà l'horizon, alors que le soleil allait s'empalé sur les sommets lointains des Balkans, les corbeaux se rassemblaient et tournoyaient en l'air en de larges cercles. Malgré ses jambes qui lui semblaient de plomb, il avait combattu toute la journée, Charles se dirigea, enjambant les corps, vers le Danube, qui coulait à l'extrémité du champs de bataille. Sa tactique s'était encore révêlé la bonne; acculé les Avars en terrain découvert, manoeuvré habilement les troupes pour les placer dos au fleuve, empêchant toute fuite, puis les archers, cavaliers, fantassins, épées, haches, sang et cris.
En l'an 796 du calendrier chrétien, chrétien qu'il n'était pas encore pour des raisons politique, qu'il ne serait jamais dans son coeur, Charles pris conscience de sa victoire, étendant son empire, une fois de plus, aux régions extrème de ces pays de l'Est. Agenouillé au bord de leau, il tendit ses mains vers le fleuve pour nettoyer son visage grave du sang et de la sueur de la journée. Il soupira, derrière lui, les derniers survivants ennemis étaient égorgés et l'on tirait les amis blessés hors du champs de bataille. La victoire était totale, plus aucun vivant ne contesterait son autorité sur ces terres, qui rejoigneraient la lombardie, bretagne, allemagne, france, et autres provinces annexée par la ruse et le glaive.
Charles passa sa main sur son glaive, toujours tâché de sang, en ruminant ses pensées de conquètes. Il n'irait pas plus loin dans l'Est, pas dans cette vie du moins. Son Empire était déjà assez grand et assez vaste pour son âge. Il fallait maintenant tisser alliances, reconstrauire les ponts et les villes, prospérer et construire un siècle digne de son ambition. Lui, le petit prince francs avait su changer la face du monde par sa force de caractère et sa ténacité. Et après? La grandeur du fleuve qu'il avait devant lui lui rappellait l'immensité du temps et des siècles; comment conservé ses fragiles frontières à travers le temps? Charles murmura, entre ses deux lèvres contracté: "Par Lug, dieu de cet immense fleuve, je jure que mon héritage ne tombera pas dans l'oubli".
Il sentit dans son dos, qu'un écuyer venait à lui, en lui apportant une monture fraîche, pour qu'il regagne dans ses quartiers, il remit son épée au fourreau, et grimpa sur son cheval neuf. La fatigue de ses membres le rendait étrangement lucide et ses pensées se portaient avec netteté devant un long chemin qui dépassait l'heure de sa mort. Sur le retour du camp, ses guerriers l'acclamaient tous, levant leurs armes, et frappant leurs boucliers. "Carolus Magnus", "Carolus Magnus" retentissait avec force dans tout la plaine.
Sur son cheval, sans penser au monde qui l'entourait, celui que les livres appelleraient plus tard Charlemagne, réfléchissait. S'il voullait conserver son empire durablement pour que même les dieux ne l'oublie pas, il fallait qu'il dépasse les rois précédents. Seul Octave, qui comme lui naguère, avait combattu sur ces plaines de Pannonie, lui semblait digne de respect, mais la gloire romaine avait quelque chose de venineux et de fourbe, il en avait conscience. Leur luxe se mèle de foutre et de poison, rumina-t-il, et cela car les dirigeants de l'Empire Romain n'étaient que des hommes, et non des dieux. Ils se sont crus des dieux et sont devenus fou, pensa-t-il, se rappellant ses lecons latines sur le rêgne de Tragan. Il faut donc que je base mon empire sur autre chose que des hommes, d'ailleurs mes fils ne valent rien comme dirigeant. Le spectre de l'Eglise lui apparrut et force fut de contaster que leur royaume et leur roi, car le pape se comportait bel et bien comme un roi, avec survécu à tout les cataclysme. Charlemagne éperonna son cheval en pestant, bâtir son empire sur les dieux était une vieille idée déjà maintefois reprise, et il ne doutait pas que, comme d'autres avant elle, l'Elglise allait tôt ou tard sombré dans l'oubli. Non, il me faut autre chose, quelque chose de grand, réfléchissait Charlemagne.
Un croassement jaillit du ciel fit lever la tête à Charlemagne, il vit alors les premiers contours du soleil saigner sur les pics des Balkans. le fleuve courant tel une veine d'or au dessous de smonts, le paysage sembla irréel un instant. Eclairé par les derniers rayons du soleil, la face de Charlemagne s'éclaira d'un joyeux rire, pendant qu'il pensait:
"Ca y est, j'ai trouvé. Je bâtirai mon empire sur quelque chose que l'on a encore jamais vu avant moi, et que l'on ne comprendra peut-être que dans les siècles futurs. Je bâtirai le monde sur une idée, et la prodigieuse qui soit entre toutes : l'Europe."
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