Etudes pour une nouvelle éthique

Publié le par Chris

 

 

Exemples d'éthique :

 

Ex 1

Vous êtes à côté d'un levier de tramway. A votre gauche arrive un tramway. A votre droite la voie se coupe en deux. Sur les deux voies travaillent des ouvriers. Sur la première voie, un seul ouvrier travaille, sur la deuxième cinq ouvriers sont là. Si vous ne faites rien, le tramway prendra la deuxième voie et tuera cinq ouvriers. Il n'y a aucun autres moyens d'arrêter le tramway à part appuyer sur le levier et ne tuer qu'un seul ouvrier. Que faites-vous?

 

Ex 2

Vous êtes maintenant sur un pont au dessus d'une voie où également un tramway arrive et cinq ouvriers travaillent. Si vous ne faites rien, ils vont se faire tuer. A côté de vous, un gros bête et blanc touriste américain se penche sur la rambarde du pont. En le poussant un tout petit peu, il tombera du pont et se fera écraser par le tramway qui ralentira ainsi et ne tuera pas les cinq ouvriers. Que faites-vous?

 

L'Ethique est l'étude de la morale chez les hommes. Son étude me semble être d'une étude capitale pour la recherche d'un autre futur pour l'homme que la situation actuelle. La morale est une spécificité humaine, elle est ce qui nous sépare des animaux et des dieux. Une expression de notre liberté, expression donc affilié au langage. En effet les conventions morales (l'établissement des normes de ce qu'il est permit, interdit et obliger de faire)d'une société ne peuvent se mettre en place, s'instaurer, se remettre en question que par la mise en place de la discussion entre les individus de la société en question. Par l'écrit, le non-dit, la parole, l'éducation etc...cette expression peut se moduler en une multitude de modalité différente, dont ce texte en est une parmi les autres. Ainsi la morale ne peut exister qu'entre deux êtres humains communiquant entre eux. Nos sentiments moraux envers les animaux sont sous-tendu par notre propre sentiment d'appartenance à une espèce commune. Les hommes et les chiens car mammifères, les hommes et les végétaux car être vivant. Notons également que Lévinas nous signale l'importance du regard dans cette relation. Le lien qui s'établit entre deux regards est fort d'humanisation car ressemblance à ce que nous sommes. Peu clair ça. Et enfin les sentiments moraux éprouvés sur nous-même donné par nous-même (pensez à une île déserte) se font par notre imagination qui concoit un dialogue entre nous-même. La morale est donc expression d'un lien humain, que sublime le langage. La morale est un rapport anthropologique avant tout.

 

Nous avons ensuite plusieurs courants éthique différents proposant diverses vision de l'origine, de la nature, et de la fonction de la morale. Écartons tout d'abord les éthiques théologiques ( bien qu'imaginez l'existence des dieux au dessus de nous pour nous inventez des liens moraux avec le monde, une sorte de paganisme, n'est pas inintéressant.) car elles furent réduit en miettes par la modernité de notre scepticisme moral (scepticisme de contenu). Sans compter son échec politique, car elles ont à mes yeux contribuées à la survie des absolutisme destructeurs encore actuels par endroits. La loi morale de Dieu au service des rois. De même, il faut souligner son échec historique de tout fondement rationnel et logique. L'existence de Dieu incertaine rend la morale également incertaine. Le nihilisme nous apprend que l'origine de la morale nous est hors de portée apparemment. Le scepticisme épistémologique, nos doutes sur la nature des choses et de notre connaissance, nous permet d'écarter également nos prétentions vertueuses ou naturalistes sur la nature de la morale. La remise en cause par la science de notre vision de l'objectivité relativise nécessairement alors notre vision de la morale. (En effet, il n'existe bizarrement pas d'actes moraux qui soient irrationels. Ce fait laisse échapper une analogie oppressante où la Morale s'identifie à une Raison en action) Notre modernité supprime la plupart des certitudes sur l'origine métaphysique et l'essence physique de la morale. Il nous reste la fonction de la morale. C'est-à-dire que nous ignorons ce qu'est le bien et nous ignorons si le bien existe ou non. Ce qui est intéressant n'est pas de prouver ou d'infirmer l'existence du bien, mais de comprendre pourquoi nous avons cette illusion et déterminer si cette illusion est un avantage pour nous ou pas. Il faut déterminer une morale humaine et non plus divine, une morale dont les hommes seraient les fondateurs, les garants et les responsables de son évolution.

 

A première vue, nous semblons partagés une sorte de fondement moral entre les diverses cultures du monde. L'interdiction de l'inceste ou encore l'interdiction de faire du mal à autrui semble universellement respecté et admis. Mais ce genre d'exemple est assez futile car il cache un nombre considérable d'autres exemples opposés et démontrant l'inverse. Néanmoins le scepticisme pur ne nous semble également pas souhaitable car sa tolérance envers toutes les pratiques peut se muer en une intolérance de fait inacceptable. Considérer que chacun a sa vérité morale égal à considérer que n'importe quoi est acceptable. Un certain cadre est nécessaire et la portée de ce cadre dépend de notre pouvoir d'intervention. Si je peux intervenir à 100 mètres de là où je suis, je dois le faire. Si à 100 km etc... Mais cette intervention se limite à son tour par les disparités culturelles. Cette variation de limite est le lieu de notre problème pour instaurer une morale juste. Nécessité d'humanisme se heurte à la nécessité de la compréhension d'autres cultures. La limite juste apparaît à mon avis être l'appartenance communautaire. Peu clair ça aussi. J'ai le droit, et devoir ( ces deux notions toujours vont de pair) d'intervenir devant un acte immoral s'il se produit à l'intérieur de ma communauté d'appartenance. Cela doit s'étayer plus, c'est une évidence.

 

Or le relativisme multiculturel s'expliquait en l'existence de plusieurs réalités morales différentes, et qu'ainsi chaque culture aurait une de ses réalités morales du Bien. Un acte bien dans une culture peut être vu négativement dans une autre culture. Mais cet argument ne résous rien, car il faut prendre en compte le métissage des cultures, et des interactions entre elles. L'intégration est ainsi toujours une confrontation de réalités morales. Ou la plus faible peu à peu disparaît, sans que la culture dominante remplissent tout de suite ce vide causé. L'humour, la poésie et la morale serait ainsi les premiers secteurs de la culture que le choc des cultures rend incompréhensible pour un individu d'une autres cultures. Mais nous nous éloignons du sujet. Retenons toutefois le risque du paralogisme ethnocentrique. C'est-à-dire le fait de toujours nous placer de notre point de vue rationnel occidental. Trouver un fondement à la morale nécessite d'englober toute les cultures, de devenir universel. Renoncer à son point de vue et se méfier de notre illusion de l'universel (irrigué par le paralogisme ethnocentrique) est un acte dont seul Habermas me semble possesseur. Transcender les différences culturelles en les prenant toutes en compter et revenir à l'humain peut être le plus beau défi de ce siècle, à mon avis.

 

Un point également est de considérer que la morale est toujours interaction en société. J'ai honte de tel acte car je pense qu'il est rationnel pour les autres d'éprouver du mépris envers moi s'ils étaient au courant de mon acte. Et ainsi, je ressens de la culpabilité car les autres ressentent de la colère. C'est ici l'ajout « rationnel » dont il faut se méfier. L'expressivisme moral a une conception de la rationalité spécifique. Est rationnel ce qui nous paraît normal, ou de mieux à faire dans telle ou telle situation. Quand à savoir si cette rationalité est un avantage biologique, les biologistes nous disent que non, d'autres philosophes hésitent. Il nous faut avant tout affronter nos raisons. En sachant que par le paradoxe déontologique, fait que nous ayons parfois plusieurs raisons qui s'affrontent d'égal force, me semble être une autre modalité de notre condition humaine. Parfois, il n'existe pas de bon ou de mauvais choix à un dilemme moral. Les vieilles tragédies grecque en sont la preuve, s'il en fallait.

 

Nous voyons donc qu'en éthique, comme en épistémologie, nous verrons cela ensuite, que le fondamentalisme échoue à instaurer une morale. Son absence de fondement soutenu par Dieu, la Nature ou la Raison rend l'ensemble de la construction logique ou naturaliste instable. Le cohérentisme moral communautaire ou culturelle me semble être la meilleure solution possible à la chose. Mais il faudrait le penser en profondeur. « Tuer est mal » revient à dire « ceci est un bout de papier vert qui vaut 20 dollars ». Cette affirmation n'a de valeur que si l'ensemble de la communauté considère que le papier vert vaut 20 dollars. Peu clair ça aussi.

 

Pour finir sur une note babélienne, il faut nous étonner que 80% des animaux, principalement les mammifères, vivent en communautés de 150 individus à 200 individus. Cela toute en respectant les écosystèmes établis dans la nature. Si la sauvegarde de notre planète devient importante pour nous, il faut concevoir une morale humaine où le mode nomadisme doit être favorisé, car il semble faire parti des comportements humains les plus respectueux de la planète. Il faut nous poser la question, au niveau du langage, mais aussi au niveau éthique de ce qui s'est passé pour que les hommes vivant en nomades depuis des millénaires, puissent en très peu de temps construire des mégalopoles de millions d'habitants. Ces bandes nomades vivaient eux aussi en communautés de 150 à 200 individus. C'est une fois sédentarisé, que l'homme c'est développé de façon hallucinante en acquérant pour son bonheur ou malheur, des sociétés de plus en plus hiérarchisées et de plus en plus génératrice d'inégalités sociales entre les individus. Propriété? Agriculture? Nomade? La vieille ombre de Caïn ressurgit. Premier crime humain, premier problème moral...Je m'interroge.

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Publié dans fictions d'essai

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