Fou?

Publié le par Chris



"Les hommes sont morts et j'aime à les attendre."

me dit un fou?
hum...
était-il vraiment fou? ou n'avait-il pas la même perception du monde que moi?
fou? qu'est ce au juste?
Garde à vous!
mon pauvre ami
mon pauvre fou
Que faire? Que faire pour t'arracher un peu ces yeux là, te les cramer, te les arracher, te les faire saigner de toute ta bile, que tu répande un peu ton sang pendant quelques décennies, pour qu'enfin je puisse te planter, dans tes orbites vide, une nouvelle paire. Une toute propre, toute lisse, toute neuve, prête à l'emploi et en solde. pour que tu puisse voir un peu, enfin, peut-être, le monde comme je le vois.
Si tu savais comme j'avais envie, de t'éblouir jusqu'à te cramer les paupières, te brandir le flambeau de la raison, en plein devant la gueule, pour te brûler au 14 ème degré de raison, de science, de raisonnabilité, de possibilité de bonheur, d'explication, de méthode, de calcul, de réussité et , enfin, peut-être, d'ennui.
Faut-il que je cogne, que j'explose ta prison car c'est bien cela qu'enfin, peut-être, tu te construit, à t'interroger sans chercher, à bâtir des vers sans ailes, à manger tes rêves sans chair, à crier sans sens? Faut-il te rudoyer, te cracher dessus, te battre, t'écarteler de poésie, te faire marcher en ligne, te dresser, jouer avec toi, pour qu'enfin, peut-être, tu aimes?
Tu veux des lunes, tu n'auras que le soleil écrasant de la normalité? Tu veux des marionnettes? je t'offre un pantin qui se pends et se re-pends à chaque regards. De l'amour? Tu n'en auras pas! pas encore! Un jour, enfin, peut-être.Tu n'en as pas le droit! Je te verserai non pas de la haine, tu la boirais comme un nectar, non pas de l'indifférence, infertile terreau, et encore moins de l'attention, inutile spectatrice victime du sanglant spectacle de tes paroles à mon sens creux, à mes sens mort.
Tu n'auras que ça!
Ca,  c'est la lecon!
Et j'enfoncerai ma baguette de maître d'école dans ton coeur, et te planterai sur le tableau de mes institutions. Ainsi, semblable, enfin, peut-être, au collectionneur que je suis, je planterai mes lois à ton coeur d'enfant-papillon (car c'est bien cela que tu es) comme un insecte que l'on classe avec une aiguile et du formol. Ainsi, sanglant, saignant, et pleurant, je pourrai te parler et t'éduquer, non pas à ma guise, mais au rythme de la marche du monde et de sa société. Et cela dans le seul but que un jour, enfin peut-être, à l'aube de mes 70 ans, je puisse marcher vers ta tombe et parmi tes amis, ô mon cher coeur défunt, j'entende "Il a bien vécu", c'était un homme de bien", "il va nous manquer" et autres stupidités écclésiastiques. Alors je serai heureux, et je pourrai me tourner vers ma tombe en souriant, tel le bourreau ayant la satisfaction du travail bien fait.
Voici donc mon aiguille, ma première aiguille, enfin, peut-être, à mon sinistre travail.

"Tu n'es qu'un homme et tu n'es pas mort."
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
je ne sais pas d'où vient l'aveuglement.<br /> j'aime voir. souvent j'ai cru que je voyais.<br /> des fois je me suis dit que peut-être que les autres aussi ne savaient pas voir.<br /> des fois, des fois, des fois. je raconte beaucoup d'histoires.<br /> ce n'est pas vrai que mes vers sont sans ailes, il m'enlèvent à moi-même et me font voir que je suis bien perdu. que je suis bien perdu. la prison sans fer de mon cerveau fini. fini. <br /> <br /> je t'aime, et là aussi tu te trompes, car j'aime et meurt d'amour ne sachant en parler. je peux te parler de sexe, de violence, de haine, mais pas de sentiments. je suis une coquille fermée sur moi-même et je veux apprendre à voir. continue à m'aider. continue à m'attendre. continue à avoir besoin de nous, de moi. ça aide aussi...<br /> <br /> j'ai tant de choses à dire et tu les dits si bien...
Répondre