prédiction forfuite
Il y a quelque mois déjà, en Espagne, il me semble, deux hommes discutent avec passion devant une scène de sable blanc. Les pieds des jongleurs crissent sous ce sable, chacun ayant ses pas et sa danse, son langage avec le feu. Le public, attentif encore, malgré l'heure tardive les entoure, et au milieu de ces gens encapuchonnés et assis, deux homms discutent. l'un est grand, bruns, les cheveux de marginaux, ils cherchent ses mots, et quand ils viennent c'est avec l'accent américain et le ton parisien. Il est plus vieux que l'autre homme, voyage souvent, vit de sa passion et maïtrise son art. L'autre homme, est plus petit, les yeux bleux, il ne fait que débuter dans le feu, et sa voix timide est celle d'un sorcier normand, mais il écoute attentivement, avec les yeux qui brille à la lueur des flammes. Le premier homme lui parle de festivals, de déserts fous, d'Amérique, d'Imakokodé qu'il a cotoyé, d'Art, de poésie et de flammes. Ils discutent longtemps. Leurs paroles meurent sous l'air froid de la nuit basque, quand le dernier jongleur a éteint ses mèches. Une invitation a partagé un coin de tente, plus tard, peut-être, loin d'ici, sous un autre désert. Un sourire et une paire de numéros échangés.
le temps passe,
Sous la pluie fine des toîts lyonnais, un homme marche lentement, dans sa poche, sa main abrite le premier des papiers qui l'autoriseront à partir loin, à l'étranger. Il se souvient de l'invitation au désert, se demande où est cet homme maintenant, il sourit, avant de rire. Qui sait? Sa pluie emporte ses pas, et son rire.
loin, peut-être...
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