Au Marché du Monde

Publié le par Chris

Au théâtre

Des clochards célestes j’eu rencontré Cyrano

Et comme de coutume nous discutâmes

Des vers et des choses avec à la main des vers et des causes

Nos paroles se déposaient sur le papier

Comme indigentes et vulnérables, soumises en sommes

A ce jeu décent des lucres que nous sommes et revendiquons

Nous étions soùl je l’avoue, et nous galopions dans la Ville

Soûle elle aussi

Nous devisions, je dis-je, un mot, c’était un saut de l’autre,

Un geste, c’était un alexandrin du premier

Nous nous jouâmes, et les Vénus aux alentours m’ont fait la réflexion

Chatouilleuse à mon égo d’animal social, de ne pas se préoccuper de leurs attraits

De n’y être sensibles

Et comme des vulgaires gascons de rases campagnes, les dédaignez, elles mademoiselle, mât de misène.

Faut-il avouer. Cyrano, n’en pouvait plus, nous voulions aller sur la lune,

Pas le soleil, c’est trop mondains, et pour nous semblable

Tu ricanes, tu te dis philosophes, et bien ?

Je vois petit garçon, las laisse ces compliments pour une autre charmante demoiselle

Dans les yeux de biches te contraignent par ne joute au fleuron

De la raison, et qui toujours te fait perdre.

Dis-je que je suis fou ? C’est pathologique. Dis-je que je suis grand ? C’est de la démesure.

Sûrement un état interne, me dit-il en riant dans sa grosse barbe, avant de

S’envoler

Tant pis, il me restait Gainsbourg, qui se barre. Hé, Gainsbard. Attends-moi un peu

Moi aussi je les connais, tes souffrances et tes femmes

Nom ; R-I-M-B-A-U-D. Mes rêves volent au gré des caravansérails des airs, avec les vers d’Apollinaire, les robes des derviches et les oiseaux en papiers de mon enfance, n’ayant jamais aussi bien voler que lorsque j’écrivais un vers de Verlaine dessous leurs ailes.

Qu'en penses-tu? Toi le Gainsbourg parisien, si loin de cela et si près la nuit ou dans ton bain?

Tu ne dis rien? La nostalgie, camarade. La nostalgie, camarade.

La nostalgie est une sorte de fumée rousse, souvenir des ruelles fait de poussières rouges et de bidon, de bois, de bric-à-brac, de Lomé. J'en ai fait des bornes si tu savais, de Ouagadougou, à Lomé en passant par les pistes de sables fins et s'infiltrant partout sous ta peau de blanc.

Au marché d'Abidjan, voila que je me rappelle d'avoir marchandé l'Apocalypse

Pour trois fois six sous et des babioles de saltimbanques avec un grand nègre, père du ciel et du baobab. Je sais qu'il riait, et parlait si vite que sa langue devenait un éventail, me bercant de fraîcheur sous la chaleur humaine et terrestre. Je ne comprenais pas, et je parlais et je riais aussi. Il vendait tout un bazar hétéroclite contre du temps, un peu de vague à l'âme. Et pour tout cela au final, j'ai bradé mon humanité, pour un parfum de je ne sais quoi, j'ai vendu d'arrache-pied, ferme et subtil truqueur et marchant, tel un peul, ma normalité. Il riait quand je le lui ai proposé, il m'a dit que ça ne valait rien, et que je ferai mieux, de la garder en gadjo, pour la sortir quand j'aurai froid. Hé toi là, miss 'ty sembé sembolao cé gaté. Et voila, je la lui ai donné. En échange, je me suis assis, et lui s'est redressé, il savait que je pouvais lui demander n’importe quoi, dans son insolite science du vivant. Je lui ai demandé, de la joie, et un sourire, des yeux noirs comme les siens, un peu de tact pour les hommes, un peu d'audace pour le destin et beaucoup de chance pour les sales matins. Et il m'a tout donné, tel un vieux sorcier de troubadours, me donnant trois balles à jongler. Les mots et les êtres sont des balles, que le temps lance, monte, tu vis, descends, tu meurs. Seras-tu habile jongleur?

Au temps des règnes imparfaits, j'étais là; il faisait chaud, je me répête, mais ceux qui ne sont jamais allé en afrique doivent être avertis, les préjugés fondent vite au soleil.

un peu comme la rancœur

Un peu comme le malheur.

Ici vois-tu je n'ai plus grand chose, l'Afrique est loin et trop près, quand-y- retournerais-je? Il faut. De toute façon cela ne se décide pas. Ici, je suis un pantin, bien triste chose, qui s'agite, agit, acte, actualise, et pardonnez-moi

Le concept, ; conceptualise

à tour de bras, à tour de rien,

Je forme idées, forge projet, soumets plans, échange numéro de tel, envoie mail, passe, discute et élabore, en disant; je connais ça, c'est de la com', en souraiant dans le regard des gesn, je me sens présent, pas évident?

rime facile, c'est un véritable pied de canard

J’ai mon thème; lupanar. Une lune tombant dans une mare, voila la première auberge que j'ai décrochée de la grande ourse, pour pouvoir descendre mes quelques marches, et tomber directement devant. Lupanar, voila ce qu'est mon esprit, où chacun vient boire et se prostituer. Ici coule un fleuve de larme de sang, o feu Dante, o feu, ici coule la route du monde, fait de soie et de chemin de fer, les concerts et les dates, s'affichent, chaque soir, complet! Trois groupes, parfois moins, souvent plus, à moi de décider, que fais-je de ma soirée? Les trois, c'est dit! Mais il faut enchaîner.

trois coups de vélo, et les balances sont faites,

Un peu de retard, c'est inévitable, c'est de la contrebande dirait-on, et tu loupe le début, et quoi? rien, un peu de réel, de sourire de paroles,

C’est rien, mais cela te manque, vieille chose pensant d'homme.

Tu es donc l'éternel bourgeois insatisfait? ah tu peux raillé tes semblables, si tu ne sais faire rien d'autres, légèrement différents,

à part accrocher des planches de clous sur tes lignes de vie, à quoi servent rdv, cv, dates, et expériences, si pour au final, se poser toujours la même question

Innomée, alors pour se contenter, s'illusionner, et comment dire, un terme contemporain vite, se consoler, besoin de consolation, je nomme les choses, des accents de l'informulée question, qui toujours revient : où est-elle?

Publicité

Publié dans Poésia

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article