Vladimir Ilitch Oulianov - Fiction historique - Discussion I

Publié le par Chris


Sa voix est aussi calme et posée que lui, mais on sent à ses intonations qu'à tout moment elle peut devenir coupante et glaciale.

[...]


Discussion I

Un train diplomatique allemand, sombre et inquiétant, le bruit d'une machine à écrire, le grognement de la locomotive. A la fenêtre défile à intervalle régulière les lumières de la voie ferrée. Certains hommes auront l'air de dormir, d'autres parleront à voix basse.
VLADIMIR, LOUIS, UN INTELLECTUEL

LOUIS :
(sortant deux ou trois feuilles à l'aspect officiel)
J'ai ici les documents de notre accord secret, il ne manque plus que votre signature.

VLADIMIR :
L'Allemagne tiendra-t-elle ses promesses?

LOUIS :
Comme convenu

VLADIMIR :
Faites-moi voir ces documents.
(il les lui tends)
Merci... hum... hum... c'est du bon travail!

LOUIS :
Bien sûr, nous resterons constamment en contact pour suivre le bon déroulement de vos travaux à Moscou.
(il lui tends une plume)

VLADIMIR :
En effet... je ne doutais pas un moment de l'efficacité du Reich.
(il déchire brusquement les documents)

LOUIS :
(stupéfait)
Mais? Que faites-vous?

VLADIMIR :
(calmement)
Je change vos plans, tout simplement.

LOUIS :
(en colère)
Si vous ne vous expliquez pas, j'arrête ce train, et je vous sommerai de ...

VLADIMIR :
(le coupant)
Rien du tout ! Vous resterez assis ici, durant le trajet. Grace à vous, ce train a toutes les autorisations pour traverser la frontière et aller jusqu'à Moscou. Dans quelques heures, nous aurons traversés le territoire allemand, et nous pourrons vous déposer quelque part. D'ici là, je vous prierai de ne pas faire de scandale et de tenir votre rang.

LOUIS :
(chancelant)
Mais pourquoi?

VLADIMIR :
Ivan, jette moi ça au feu, je te prie

UN INTELLECTUEL :
Tout de suite Vladimir!
(il prends les papiers et sort du wagon)
(Vladimir observe le silence un moment, puis répond d'une voix douce à Louis)

VLADIMIR :
Pourquoi? C'est assez simple. Vos accord m'impose un cadre dont je n'ai pas besoin, plus besoin plutôt, grâce à vous. Et je prévois de construire de quelque chose de bien plus grand, qu'une petite rebellion contre le tsar à Saint Petersbourg.

LOUIS :
C'est de la folie, vous n'êtes qu'une poignée. Même en dix ans, et avec dix fois plus de fusils, vous n'arriverez à rien à Moscou.

VLADIMIR :
Les idées sont à l'épreuves des balles, mon ami ... oui... à l'épreuve des balles.

( pour la première fois depuis le début de la pièce, Vladimir laisse apparaitre un fin sourire sur son visage.)
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Publié dans fictions d'essai

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