3 Mai 68 -Essais-

Publié le par Chris

           3 Mai 68, Amphi Descartes, Sorbonne.
          Il est 8h, les étudiants se sont levés avec le soleil. L'amphi est plein à craquer. C'est le professeur d'histoire contemporaine qui doit donné cours aujourd'hui, mais la rumeur circule que le cours sera interrompu par des "revolutionnaires gauchistes et anars ". Les étudiants attendent curieux.
          Christophe entre.

           Il lève les yeux face à l'amphi plein, 400 personnes sont assis là où il n'y a que 300 places; certains sont assis sur les marches. Il observe attentivement quelques visages, les expressions sont diverses, certains endormis, d'autres fébriles, d'autres encore anxieux. Certains ont sorti leurs affaires et attendent, d'autres gardent leurs affaires sur leurs genoux. Christophe s'étire et se dirige vers Phlaurian, ici comme à son habitude au premier rang. Celui-ci le salue, et comme tout les jours ou presque.
- En retard, dit-il avec un fin sourire.
- Bah, cette fois, le prof aussi, et je ne pense pas qu'il viendra.
- Tu parles de ces brouhahas gauchistes? Ca n'empèchera pas le cour, peut-être aurons-nous un tract à la fin. Rien de méchant.
- Tu crois? Ca a l'air sérieux. Certains ne parlent plus que de ça!
- Bah, on verra. Ecoute plutôt ça, mon dernier vers :  "Les étoiles sont mûres, on ira les décrocher, tenir en main le temps, projeter sur la toile, du ciel, nos idées c'est tentant. On ira boire le vide, enlacer la misère, viens !"
-
Pas mal ! Tu sais; si les choses venaient à prendre, nos vers auront un rôle, je pense. Ils sont appropriés les tient en tout cas, ne les perds pas.

 

        Christophe s'éloigne de Phlaurian, puis commence à monter les marches pour rejoindre Lucas, Léo et Rosalie, assis un peu plus haut. Pour les rejoindre, il traverse les marches pleines d'étudiants, certains le regarde, les regards pleins de questions, il ne dit rien et les ignorent; il ne sait pas, lui non plus. Biensûr il faisait parti du 22 mars, bien sûr on sait qu'il vient de Nanterre et qu'il connaît Serge et Dany "le rouge", mais lui aussi veut avoir un avenir et lui aussi a des parents.
 
- Christophe arrive, la révolution s'avance! Le salue ironiquement Léo.
- Nous sommes foutus ! Renchéris Lucas.
- Salut. Lui dit simplement Rosalie, en lui faisant la bise, tandis qu'il s'assoit sur la table à côté d'eux.
- Alors qu'en pensez-vous mes chers philosophes? Ce coup ci cela semble sérieux! lance Christophe.
- Pfff, vous dites cela à chaque fois. Je veux avoir mon cours et puis c'est tout, vos conneries attendront bien une heure ou deux.
- de toute façon, nous ne sommes pas en mesure de faire quoi que ce soit. Allez à Prague là bas il se passe quelque chose, mais le Rideau de fer va briser tout cela. Pas la peine d'en faire des caisses.
- Mais nous avons des revendications maintenant, et nous sommes nombreux, réplique Christophe, vous n'avez donc aucune énergie pour le présent?
- Es ce que vous nous voyez avec une armée? des fusils? Nous allons prendre la bastille? Allez, s'il se passe quelque chose, je vous chante la marseillaise. Ricane Lucas.
- Cela dit, Christophe a raison. Si les législations entre filles et garçons pouvaient s'améliorer, ce ne serait pas mal.
- C'est cela. Mais Rosalie, vous n'imaginez quand même pas des orgies au théâtre de l'Odéon, non plus. Réponds Léo.
- Peut-être....je ne sais pas... Hésite Cristophe. Il pose son sac en bandoulière , jette un coup d'oeil au fond de la salle. C'est toujours la même ambiance dans la salle, le prof n'est toujours pas arrivé. Soudain Christophe aperçoit au fond deux de ses amis; Saf et Saymon.
- Je vous rejoins tout de suite. Dit Christophe, laissant ses amis philosophes, en recommençant à monter les marches.

8h05...

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Publié dans fictions d'essai

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P
spafo toussa...
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J
Et grâce à toi, brave fakir, nous voici projeter en mai 68 ! Qu'il est troublant de se reconnaître, un brin, sous la plume d'un autre ! Mais je ne sais - peut-être aurai-je été exalté moi aussi ("Jovial") en ce bon mois de mai... <br /> <br /> Continue, impétueux fakir ! Une incohérence tout de même : Rosalie sans Mona, je n'y crois pas... (celle-ci coucherait-elle avec André Glucksmann ?!)
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P
quelle mémoire... au poil de barbe près tu racontes ce qu'on aurait pu vivre... sébo toussa ! kssébodidon !
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