Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route?

 

 

ALBERT EINSTEIN : Le fait que ce soit le poulet qui traverse la route ou que ce soit la route qui se meuve sous le poulet dépend uniquement de votre référentiel.

 

 

CHARLES DARWIN :

1) C'était l'étape logique après être descendu de l'arbre 2) Les poulets, si on les observe sur une très longue période, ont été naturellement sélectionnés de telle manière qu'ils puissent traverser la route

 

 

ARISTOTE : C'est la nature du poulet de traverser les routes.

 

KARL MARX : C'est une obligation historique que la mentalité étriquée des petits-bourgeois esclaves de leurs préjugés ne saurait remettre en question

 

 

DESCARTES : Qu'attendre d'autre de cette stupide mécanique ? Les horloges marquent les heures et les poulets traversent les routes.

 

 

CONFUCIUS: Le poulet qui d'abord regarde des deux côtés, vivra assez pour voir une autre journée. MURPHY: Le poulet traversera systématiquement la route au plus mauvais moment.

 

 

NICOLAS MACHIAVEL : De cette manière, ses sujets la considéreront avec admiration, comme une poule qui a le courage d'oser traverser la route; mais également avec peur, car lequel parmi eux est capable de rivaliser avec un tel parangon de la vertu. De cette façon, la domination de la poule princière sera maintenue.

 

SIGMUND FREUD : 1) Le fait que vous vous préoccupiez du fait que le poulet a traversé la route révèle votre fort sentiment d'insécurité sexuelle latente. 2) La poule était bien évidemment de sexe femelle et interprétait par conséquence le poteau de signalisation comme un symbole phallique duquel elle a voulu se rapprocher

 

BOUDDHA : Poser cette question renie votre propre nature de poulet.

 

GALILEE : Et pourtant, il traverse.

 

 

GEORGE W. BUSH : Le fait que le poulet ait pu traverser cette route en toute impunité malgré les résolutions de l’ONU représente un affront à la démocratie, à la liberté, à la justice. Ceci prouve indubitablement que nous aurions dû déjà bombarder cette route depuis longtemps. Dans le but d’assurer la paix dans cette région le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique a décidé d’envoyer 846 bombardiers, qui auront pour mission au nom de la liberté et de la démocratie, d’éliminer toute trace de vie dans les poulaillers à 5000 kms à la ronde. Nous avons décidé qu’ensuite, ce pays sera généreusement pris en charge par notre gouvernement, qui rebâtira des poulaillers suivant les normes de sécurité en vigueur, avec à leur tête, un coq démocratiquement élu par l’ambassadeur des Etats Unis. En financement de ces reconstructions, nous nous contenterons du contrôle total de la production céréalière de la région pendant 30 ans, en échange de leur totale coopération. Dans ce nouveau pays de justice, de paix et de liberté, nous pouvons vous assurer que plus jamais un poulet ne tentera de traverser une route, pour la

simple bonne raison, qu’il n’y aura plus de routes, et que les poulets n’aurons plus de pattes. Que Dieu bénisse l’Amérique.

 

 

PLATON : Pour son bien. De l'autre côté est le Vrai.

 

 

ARCHIMEDE : 1) Tout poulet picorant devant une route subit de la part de cette route une poussée ascendante et verticale d'intensité égale au poids des grains avalés... 2) Tout poulet plongé dans une route et qui n'a pas reparu au bout d'une demi-heure doit être considéré comme perdu. 3) Par principe

 

 

ÉPICURE : Pour rigoler

 

 

ISAAC NEWTON : Le poulet étant un mobile quasi isolé, il décrivait une trajectoire rectiligne uniforme quand la route coupa cette dernière, l'obligeant à la traverser.

 

 

PYTHAGORE : Traversez la route car la traverse est la ligne la plus courte reliant un point à un autre.

 

 

SOCRATE, encore jeune, naïf et mécaniste malgré l'enseignement de l'Etranger : « Parce que l'espèce volatile est seule à partager avec l'espèce humaine le lot d'avoir deux pieds" (Le Politique, 266 e).

 

 

SOCRATE, dans la maturité et en guise d'introduction, découpant le sujet comme une volaille dont on respecte les articulations : <

CRITON : Assurément, Socrate.

HERMOGENE : Les dieux parlent par ta bouche.

CRITOBULE : Vraiment, tu es inspiré.

ALCIBIADE : Comment ne pas t'approuver, cher maître ?

MENEXENE : C'est une idée géniale

DITHYRAMBIQUE : idem, etc.

PHEDON : Tu sais que je te suivrai jusqu'au bout, Socrate !

MENON : Tu pourras interroger mon esclave : il connaît la réponse !

PROTAGORAS : Moyennant quelques drachmes, je vous révélerai ma profonde pensée : l'homme est la mesure du poulet, de son mouvement et de son repos.

XANTHIPPE : Socrate, si toi et ton poulet vous obstinez à passer route et nuit dehors, tu verras demain de quel bois je me chauffe !

 

SOCRATE, guilleret, après 18 heures de dialogue ayant laissé ses interlocuteurs fourbus, pantois et aphones : <> et que ce n'est pas en vain que nous avons dialogué. Si nous ne savons toujours pas ce qui a conduit ce satané gallinacé à se prendre pour Hermès, vivant dieu des voyageurs et des voleurs, nous avons progressé tant l'esprit se bonifie par la philosophie, la pensée avec autrui qu'est le dialogue et le

dialogue avec soi-même qu'est la pensée. Ne savons-nous pas enfin ce que sont un poulet, une route, et dans quelle mesure l'un, plumé ou déplumé, peut traverser l'autre, avec ou sans obstacle, et ceci, sans voler mais en s'appuyant sur ses seuls ergots par lesquels sa bipédie se distingue spécifiquement de l'humain - même s'il subsiste entre nous d'importantes divergences sur la nature du poulet en soi et de son mouvement... Ce n'est pas là une mince avancée ! Retrouvons-nous demain pour en dialoguer>>.

 

 

SOCRATE (à l'article de la mort, ayant bu la ciguë et se remémorant ce dialogue majeur que d'aucuns prétendent apocryphe) : <> (Phédon, 118 a). Sur ces paroles, Socrate passa de vie à trépas. Son ultime pensée avait été pour Gallinaceus.

 

 

DIOGENE LE CYNIQUE : Si ce bipède est déplumé, c'est l'homme de Platon.

 

ZENON d'ELEE :

1) Le poulet voulait rattraper la tortue, mais il ne l'a pas pu. Il est resté cloué sur place.

2) Pour prouver qu'il ne pourrait jamais atteindre l'autre côté

 

 

HERACLITE : Le poulet ne traverse jamais deux fois la même route.

CRATYLE : Ni même une seule fois !

 

PYRRHON : Rien ne prouve que ce poulet, dont nous ignorons tout, ait traversé la route, qui n'existe peut-être pas, pour un but inconnu : autant suspendre notre jugement.

 

 

SPINOZA : Il croit traverser librement la route parce qu'il est conscient de sa traversée mais non des causes qui l'y déterminent.

 

 

LEIBNIZ : Il y a une raison suffisante qui explique que ce poulet monadique a traversé la route ici plutôt qu'ailleurs et maintenant plutôt que demain : le monde eût été moins harmonieux s'il eût agi autrement.

 

 

MARTIN HEIDEGGER : L'être-pour-la-mort du poulet s'égare sur des chemins qui ne mènent nulle part et qui, par là même, le conduisent partout où la philosophie est interpellée dans son être par l'émergence du poulet en devenir. Qu'est-ce à dire sinon que la pouléité du Dasein est en déval ?